đ Glucides : un carburant vital

Les glucides, souvent rĂ©duits Ă des « sucres », sont en rĂ©alitĂ© un macro-nutriment fondamental, indispensable au fonctionnement cellulaire. Leur type, leur forme et leur vitesse dâassimilation sont pourtant des Ă©lĂ©ments clĂ©s Ă considĂ©rer pour leur impact sur la santĂ©.
âïž Le rĂŽle physiologique des glucides
1. Source dâĂ©nergie principale
Chaque gramme de glucide apporte 4 kcal.
Le glucose est la source préférée du cerveau, des globules rouges et des cellules nerveuses.
Stockage sous forme de glycogĂšne dans le foie (â100 g) et les muscles (â400 g).
đ§ Le cerveau consomme Ă lui seul environ 120 g de glucose par jour au repos.
2. Régulation métabolique
Le mĂ©tabolisme du glucose est finement rĂ©gulĂ© par lâinsuline et le glucagon.
Pic glycĂ©mique â sĂ©crĂ©tion dâinsuline â stockage sous forme de glycogĂšne ou de triglycĂ©rides (en cas dâexcĂšs chronique).
3. RĂŽle structural et immunitaire
Certains glucides font partie des glycoprotéines et glycolipides (reconnaissance cellulaire, immunité).
Les fibres (non digestibles) participent à la santé digestive et métabolique.
đœïž Glucides simples vs complexes : au-delĂ du mythe
Glucides simples
Absorption rapide â Ă©lĂ©vation rapide de la glycĂ©mie (index glycĂ©mique Ă©levĂ©).
Présents naturellement (fruits, lait) ou ajoutés (boissons sucrées, pùtisseries).
Glucides complexes
LibĂ©ration plus lente du glucose â meilleure rĂ©gulation de la glycĂ©mie.
Contiennent souvent des fibres, vitamines, minéraux.
â ïž Tous les glucides complexes ne sont pas âbonsâ : lâamidon raffinĂ© (riz blanc, pain blanc) a un index glycĂ©mique Ă©levĂ©.
đ Index glycĂ©mique (IG) et charge glycĂ©mique (CG)
Index glycĂ©mique (IG) : capacitĂ© dâun aliment Ă Ă©lever la glycĂ©mie par rapport au glucose pur.
Bas : <55 (lentilles, patate douce)
Moyen : 56â69
ĂlevĂ© : >70 (pain blanc, cĂ©rĂ©ales sucrĂ©es)
Charge glycémique (CG) = IG à quantité de glucides / 100
â Donne une idĂ©e plus rĂ©aliste de lâimpact mĂ©tabolique dâun repas.
đŹ Une alimentation Ă IG et CG Ă©levĂ©s est associĂ©e Ă un risque accru de diabĂšte de type 2, dâobĂ©sitĂ© et de maladies cardiovasculaires (Barclay et al., 2008).

đ©ș Glucides et santĂ© : une question de qualitĂ©
âïž Glucides favorables Ă la santĂ©
Glucides Ă IG bas â rĂ©gulation glycĂ©mique, satiĂ©tĂ©, rĂ©duction du risque mĂ©tabolique.
Fibres alimentaires : amĂ©liorent le microbiote, rĂ©duisent lâinflammation et la permĂ©abilitĂ© intestinale.
Amidons rĂ©sistants : prĂ©sents dans les pommes de terre refroidies, les bananes vertes â fermentĂ©s en butyrate (anti-inflammatoire) dans le cĂŽlon.
đŹ Les fibres sont associĂ©es Ă une rĂ©duction de la mortalitĂ© toutes causes confondues, des maladies cardiovasculaires, du diabĂšte et du cancer colorectal (Reynolds et al., 2019).
â ïž Glucides dĂ©lĂ©tĂšres (en excĂšs)
Sucres libres (ajoutĂ©s, jus de fruits, sirops) â excĂšs calorique, dĂ©sĂ©quilibre insulinique.
ExcĂšs de produits ultra-transformĂ©s â inflammation, dysbiose, surpoids.
LâOMS recommande de limiter les sucres libres Ă moins de 10 % de lâapport Ă©nergĂ©tique total, idĂ©alement <5 %
đż Liens entre glucides, inflammation et endomĂ©triose
LâendomĂ©triose est une maladie inflammatoire chronique. Or :
Les régimes à charge glycémique basse, riches en fibres et antioxydants, sont associés à une réduction des douleurs et de la charge symptomatique chez certaines patientes (Yong et al., 2015).
Les pics rĂ©pĂ©tĂ©s dâinsuline (dus aux glucides raffinĂ©s) peuvent favoriser lâinflammation systĂ©mique (Hotamisligil et al., 2006).
Références :
[1] Barclay AW et al. (2008). Glycemic index, glycemic load, and chronic disease risk. Am J Clin Nutr.
[2] Reynolds A et al. (2019). Dietary fibre intake and risk of non-communicable diseases: systematic review and meta-analysis. The Lancet.
[3] WHO (2022). Guideline on sugar intake for adults and children.
[4]ANSES (2021). Apports nutritionnels de référence pour les glucides.
[5] Ludwig DS (2002). The glycemic index: physiological mechanisms relating to obesity, diabetes, and cardiovascular disease. JAMA.
[6] Hotamisligil GS (2006). Inflammation and metabolic disorders. Nature.
[7] Yong PJ et al. (2015). Chronic pelvic pain and endometriosis: Pathogenesis and management. Obstet Gynecol Clin N Am.