Le fer est un oligo-élément vital, impliqué dans l’oxygénation des tissus, le métabolisme énergétique, la fonction immunitaire et la cognition. Pourtant, il figure parmi les carences nutritionnelles les plus fréquentes au monde, en particulier chez les femmes en âge de procréer.

🧬 Rôle du fer dans l’organisme

FonctionDétail
Transport d’oxygèneComposant central de l’hémoglobine et de la myoglobine
Métabolisme énergétiqueCofacteur d’enzymes mitochondriales
Synthèse de l’ADNIndispensable à la division cellulaire
ImmunitéRôle dans la prolifération des lymphocytes T
Fonction cognitiveNécessaire au développement cérébral et aux neurotransmetteurs

⚖️ Fer héminique vs non héminique

Type de ferSourceBiodisponibilité
HéminiqueViandes, abats, poissons20 à 30 % absorbé
Non héminiqueLégumineuses, céréales, légumes, œufs1 à 10 % absorbé

La biodisponibilité dépend de nombreux facteurs :

➕ Facteurs favorisant l’absorption :

  • Vitamine C (citrons et agrumes frais, kiwi, persil frais…)
  • Cuissons douces

➖ Facteurs inhibant l’absorption :

  • Phytates (son, légumineuses sèches non trempées)
  • Polyphénols (thé, café, cacao)
  • Excès de fibres insolubles

🔬 La vitamine C peut multiplier par 2 à 3 l’absorption du fer non héminique (Hallberg et al., 1989).

🩺 Conséquences d’une carence en fer

La carence martiale peut être latente ou associée à une anémie (microcytaire).

Symptômes fréquents
Fatigue chronique↓ métabolisme énergétique
Essoufflement à l’effort↓ transport d’O₂
Chute de cheveux, ongles cassants↓ synthèse protéique
Vertiges, palpitations↓ hémoglobine
Troubles cognitifs, irritabilité↓ neurotransmission
Sensation de froid, peau pâle↓ circulation périphérique

🔬 La carence en fer, même sans anémie, peut altérer les performances physiques, cognitives et la qualité de vie (Pavord et al., 2019).


📊 Besoins nutritionnels en fer

PopulationBesoin (Apports Journaliers Recommandés – AJR)
Femmes 19–50 ans16 mg/j (ANSES 2021)
Hommes adultes11 mg/j
Femmes enceintes16–30 mg/j selon trimestre
Adolescents (filles)15 mg/j

Les besoins augmentent en cas de :

  • Règles abondantes (ménorragies)
  • Grossesse ou allaitement
  • Activité physique intense
  • Régime végétarien ou végan mal équilibré

🥩 Sources alimentaires de fer

Fer héminique (très bien absorbé) :

AlimentTeneur pour 100 g
Foie de volaille12 mg
Boudin noir22 mg
Viande rouge (bœuf)2,6 mg
Poissons (sardines, maquereaux)1–2 mg

Fer non héminique (moins bien absorbé) :

AlimentTeneur pour 100 g
Lentilles cuites3,3 mg
Pois chiches cuits2,9 mg
Quinoa cuit1,5 mg
Épinards cuits2,7 mg
Chocolat noir (70%)10–12 mg
Graines de courge8 mg

Astuce : associer une source végétale de fer à de la vitamine C (ex : salade lentilles + persil + jus de citron).


💊 Supplémentation : quand et comment ?

En cas de carence avérée (ferritine < 30 µg/L avec symptômes), une supplémentation peut être nécessaire.

FormeCommentaires
Fer ferreux (sulfate)Bien absorbé mais plus irritant
Fer bisglycinateMeilleure tolérance digestive
Supplément liposoméMoins d’effets secondaires
Fer injectableRéservé aux cas sévères ou intolérance orale

Effets secondaires fréquents : nausées, constipation, douleurs digestives → prise à distance des repas, dose fractionnée possible.

💛 Et l’endométriose ?

Les femmes atteintes d’endométriose sont particulièrement à risque de carence en fer, pour plusieurs raisons :

  • Règles abondantes (ménorragies fréquentes)
  • Douleurs pelviennes entraînant des pertes sanguines occultes ou des hémorragies internes (endométriomes, localisations profondes)
  • Fatigue chronique, parfois accentuée par une carence martiale non diagnostiquée
  • Régimes restrictifs ou végétariens sans accompagnement, souvent adoptés pour soulager les symptômes

🔬 Une étude de Vercellini et al. (2018) note que plus de 60 % des femmes atteintes d’endométriose présentent une ferritine < 30 µg/L.

💡 Le dépistage systématique de la carence en fer est donc recommandé chez ces patientes, même en l’absence d’anémie.

📚Références :

[1] ANSES (2021). Références nutritionnelles en fer.
[2]  Pavord S et al. (2019). UK guidelines on the management of iron deficiency in pregnancy. British Journal of Haematology.
[3] Hallberg L et al. (1989). Ascorbic-acid–a powerful enhancer of nonheme iron absorption. American Journal of Clinical Nutrition.
[4] WHO (2020). Iron Deficiency Anaemia – Assessment, Prevention and Control.
[5] Vercellini P et al. (2018). Iron deficiency in women with endometriosis: a neglected comorbidity? Fertility and Sterility.
[6] Hurrell RF (2003). Influence of vegetable protein sources on trace element and mineral bioavailability. Journal of Nutrition.
[7] Lynch SR (2011). Why nutritional iron deficiency persists in humans. Annual Review of Nutrition.

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